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21.05.2008

Allez les rouges et blancs

Vous allez pas me croire, mais hier, j'ai fait une super balade derrière le périph, au nord est de Paris !

 

Bon, évidemment, lorsque je dis "super balade", c'est pas comme quand on allait faire une "super balade" au col des Grangettes par l’Eychauda, mais c'est presque pareil, il suffit d'avoir un peu d'imagination : un trottoir à la place du sentier, des touristes à la place des touristes, des enfants qui tendent la main à la place d'une marmotte qui tend la patte, et y'a même des crottes de chamois par terre !

 

Alors c'est rigolo, c'est derrière le périph, donc les gens ils ont pas antenne 2 et tout. Alors, au lieu de regarder la télé chez eux, ben, ils vont la regarder au bistrot, parce que dans tous les bistros, y’a une télé qui permet de regarder antenne 2 quand on l’a pas chez soi. Dans tous les bistrots, le seul programme qui passe c’est les chiffres et les chiffres. Non ! pas les « chiffres et les lettres », sur la télé du bistrot que j’ai vu, moi, y’avait que des chiffres, et encore des chiffres après les chiffres. N’empêche, ça devait être super intéressant, parce qu’ils regardaient tous avec intérêt, et même que parfois, quand un chiffre apparaissait, y’en avait un ou deux qui levaient les bras au ciel comme quand les diables rouges ils marquent un but à la patinoire René Froger.

 

Mon nouveau copain que je me suis fait à la sortie du lycée à Paris, il m'a dit que c'était la banlieue rouge.  Il a du se tromper, c’est tout gris. Ou alors, c’est celui qui a donné le nom des banlieues qui s’est trompé.

 

C’est peut être le même que celui qui donne le nom des rues et des bâtiments de l’Etat de droit. Parce que dans la banlieue rouge, y’a que des noms de gens que je connaissais pas qui ont des noms de places, d’avenues ou de sanisettes. Dans la banlieue rouge, y’a une place Lénine, un pont Nelson Mandela, un lycée Youri Gagarine (j’ai essayé de dire « Youri Gagarine » très vite et avec du coca dans la bouche, c’était trop rigolo), une avenue Jean Marie Tchibaou, une rue Beria… C’est marrant, à Briançon, y’avait que des noms de montagnes, ou de villes, ou des gens du coin qui avaient vécu il y a des siècles et des siècles, pendant la guerre contre les lazzis. Mon copain il m’a dit que c’était important de donner à des avenues le nom de gens qui sont des amis du peuple. Je lui ai répondu que j’aurais préféré des gens qui soient amis de mon peuple. Ca me paraissait tout bête, hein. Ben figurez vous qu’il l’a super mal pris, et qu’il s’est mis à me dire que je devais quitter la banlieue rouge, parce que dans la banlieue rouge, on sait ce que ça veut dire que la tolérance, et que les gens de la banlieue rouge, ils savent bien à qui ils doivent d’être heureux dans la vie, et libérés des chaînes de la servitude capitaliste, et que dans la banlieue rouge, y’avait que des gens accueillants et plein d’entrain lorsqu’ils rencontrent quelqu’un de différent. Effectivement, il me semblait bien que j’avais croisé une proportion de trisomiques plus importante qu’à Briançon.

 

Alors du coup, je suis allé à la mairie d’une banlieue rouge pour me renseigner. La petite nana a l’accueil, elle a pas compris de quoi je lui causais. C’est peut être mon accent de la montagne qu’elle comprenait pas. C’est toujours comme ça avec les gens de la plaine. Alors, du coup, elle a appelé l’adjoint au maire qui tenait sa « permanence » en haut. Au début, j’ai cru qu’il faisait aussi coiffeur. Je me suis fait moqué, il faut que je fasse attention à ce que je dis. Et ben, figurez vous que l’adjoint au maire, ben, il m’a reçu comme si j’étais pas un Briançonnais qui venait d’arriver à Paris et tout. Super sympa, pour un peu, je me serais pris pour un ministre. Il était beau en plus, avec une grande barbe noire assortie à ses cheveux. Il m’a tout expliqué pour le nom des rues et tout. Et en fait, mon copain avait raison, tous les gens des rues, c’est des amis du peuple en fait. Par contre, il m’a embrouillé avec le Gagarine là, qu’il allait dans l’espace et tout, il a sans doute voulu faire une méttafore maitafor mets ta phore image, je sais pas comment un type aurait bien pu faire pour aller dans l’espace tout seul.

 

Bon, ensuite, il m’a demandé dans quel quartier de la ville j’habitais pour pouvoir m’envoyer de la documentation citoyenne et tout. Je lui ai répondu que j’habitais pas dans sa ville parce que je connaissais pas la banlieue rouge avant d’arriver. C’est dommage, à ce moment là, il s’est souvenu qu’il avait un rendez vous urgent. N’empêche, je trouve que mon copain de la culture avait raison : on est super bien accueilli en banlieue rouge.

 

Moi je dis : le rouge est ouvert.

     

Commentaires

Nous aussi on a une banlieue rouge à Bordeaux. Enfin on avait, elle est verte maintenant, avec Mamère comme maire.

Ecrit par : Pharamond | 21.05.2008

Ah vous ouvrez à nouveau, très bien!

Mais pourquoi donc "irascible"? Je suis gentil comme tout...

Ecrit par : XP | 21.05.2008

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