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22.07.2008
Vamos à la playa
Alors, hier, c'était trop génial, parce que je suis été à la plage et tout.
Et j’entends d'ici mes potes de Briançon qui disent « mais c'est pas possible, y'a même pas la mer à Paris ! ». Ben, c'est toute la différence entre une ville gérée par un homme politique de stature internationale et une cité, jolie certes, et accessoirement classée au patrimoine mondial de l’humanité, mais dirigée par un cuistre bouzeux qui ne sait pas faire la différence entre sa droite et sa gauche.
La classe qui est trop la classe, c’est que quand on est un homme politique de stature internationale, ben, on peut créer des plages alors qu’il y a même pas la mer ! C’est dire à quel point cet homme politique de stature internationale sait s’affranchir des vississitudes vicicitudes viscicitudes lois de la nature ! Même Georges W. Bush n’a pas réussi à détourner le gulf stream !
Alors, du coup, c’est trop la classe à Paris, parce qu’on peut aller à la plage. C’est un peu comme quand j’habitais encore Briançon et qu’on partait sur la côte, à Savines.
Alors, comme je pouvais aller à la plage, ben, j’ai enfilé mes tongs, un slip de bain pas trop serré, un joli débardeur avec écrit en lettres jaunes « Briançon, c’est top soleil ». J’ai pris une serviette et un slip de rechange, un peu de crème solaire pour quand je marche sur le glacier et j’ai pris le métro pour aller à la plage de Paris et tout.
Alors déjà, il faut que je vous dise que si vous voulez aller à la plage à Paris, ben, vous avez pas intérêt à porter juste votre slip de bain et votre débardeur dans le métro, parce que là, y’a des gens totalement intolérants qui menacent d’appeler la police, qui vous traitent d’outrage et tout. Bon, c’est vrai que j’aurais pu trouver un meilleur endroit pour ranger mon téléphone portable. Et si il avait pas été en mode vibreur, ça serait passé inaperçu. Mais Paris, c’est la ville de la tolérance hein ? C’est ce que j’aime d’ailleurs, par rapport à Briançon : à Briançon, quand un parisien laisse ses déchets de son pique nique de midi au bord de la Clarée, ben, y’a toujours un bouzeux intolérant qui vient l’engueuler et le menacer de son fusil. Alors qu’ici, à Paris, quand un bouzeux jette son sandwich pas fini de chez Paul dans un caniveau, les gens tolérants ne lui disent rien. C’est bien la preuve que lorsque l’exemple vient d’en haut grâce à des hommes politiques de stature internationale, les gens sont plus tolérants.
Toujours est il que, alors que je devais prendre ma correspondance à Châtelet, les gens m’ont dit de descendre du métro alors qu’on atteignait à peine la station Saint Paul, et même j’ai reçu quelques coups de pied pour que ça aille plus vite. Alors, je me suis retrouvé avec ma tenue de plage dans la rue, dans le quartier Saint Paul et tout. Alors, ce qui a été bien, c’est que dès que je me suis retrouvé à l’extérieur, tous les gens que j’ai croisé ont été super gentils ! Et en plus, beaucoup ont du voir que j’avais un téléphone portable, parce que y’a plein de gens, ils regardaient l’endroit où je l’avais rangé, et là, ils me souriaient super gentiment ! J’ai récupéré au moins une douzaine de numéros de téléphone dis donc ! Comme quoi, il suffit parfois juste de sortir du métro et se promener à la surface pour avoir un peu d’humanité et de chaleur. Moi je dis : les parisiens, ils sont plus gentils en surface qu’en profondeur.
Bref, après ce petit crochet, je suis enfin arrivé à la plage de Paris et tout. Et là ! Oulalalalalalalala, le monde qu’il y avait ! Incroyable. On se serait cru à Six fours les plages le 15 août ! Même que le 15 août à Six fours les plages, on croise plus de Briançonnais que de Marseillais. Mais faut dire qu’à Briançon le 15 août, y’a plus de Marseillais que de walpins. C’est ce qu’on appelle l’échange de bons procédés : vous venez polluer nos montagnes ; on vient pisser sur vos plages. En tout cas, ça doit être un peu pareil à Paris, parce que la plage, elle sentait quand même un peu la pisse. Mais c’était pas pire qu’à Bandol où que c’est que je passais mes vacances avant, quand j’habitais encore le 05.
Alors, j’ai cherché un coin sympa pour ma serviette et j’ai finalement trouvé un espace entre un couple de jeunes très sympas et un terrain de volley.
Aussitôt installé, j’ai bien étendu ma serviette pour pouvoir m’allonger et j’ai sorti mon téléphone portable que j’avais mis d’un côté et le dernier Dantec que j’avais mis de l’autre. La nana d’à côté, elle m’a regardé bizarre lorsque j’ai sorti le bouquin : elle devait pas aimer Dantec si ça se trouve. En tout cas, elle, elle était super belle avec son bikini rose et vert. Et son copain, ben, son caleçon de plage kaki style treillis, ça rendait vachement bien avec tous ses tatouages. En plus, avec la chaleur ambiante (on frôlait les 20°C !!), on sentait bien qu’il s’en aurait fallu de peu pour qu’ils enlèvent tout.
En tout cas, comme je sortais aussi mon sandwich de chez Paul, la nana, elle a dit qu’elle « pouvait pas en supporter davantage » et qu’il fallait qu’elle « s’éloigne un peu de ce porc ». Alors, le mec, il m’a lancé un regard et il a aquiécé acquiéssé aquiéssé dit oui. Et ils sont allés jouer au volley sur le terrain d’à côté.
Alors je vous dis pas comme je me suis moqué des joueurs de volley ! Parce que, à un moment, y’a le ballon qui est tombé dans la mer. Et ils ont tous râlé parce que le ballon il était perdu et tout. Alors, comme j’ai rigolé ! Vous imaginez ça vous ? Ils viennent à la mer et ils savent même pas nager ! Ou alors, ils avaient peur que l’eau soit trop froide ! Barf, vous pensez, moi, j’ai appris à nager dans le lac du l’Eychauda, alors, la mer de Paris, ça me fait pas peur. Alors, pour leur rendre service, et un peu aussi pour les impressionner, ben, ni une ni deux, j’ai pris mon élan et j’ai piqué une tête pour aller chercher leur ballon. La tête qu’ils faisaient sur la berge ! J’ai fait quatre ou cinq mouvements, fait un long sous l’eau, et hop, j’étais juste sous le ballon. Je leur ai lancé, et ils étaient trop contents. Même qu’ils disaient qu’ils avaient jamais vu « un truc de ouf pareil ». Y’en a même qui m’ont photographié avec leur téléphone et tout. Attends, quand les potes de Briançon vont me voir sur youtube et tout !!!! Ca va être trop la classe.
Par contre, ce qui a pas été la classe, c’est que, en sortant de l’eau, ben, toutes mes affaires avaient disparu… Des méchants m’avaient tout pris : ma serviette, mon téléphone portable, mon débardeur « Briançon, c’est top soleil »… Il restait plus que mon bouquin de Dantec et mon slip de rechange…
Ca m’a fait trop de la peine.
Parce que ça veut dire qu’il y a des gens, même lorsqu’ils ont un exemple qui vient d’en haut avec un homme politique de stature internationale, ben, ils sont quand même irrespectueux et intolérants.
Alors, comme j’étais tout penaud avec mon slip de rechange à la main, et mon Dantec sous le bras, ben, y’a un grand type bronzé qui m’a dit que j’avais plus qu’à partir avec mon slip sur la tête…
Alors, comme je maîtrise mal les coutumes parisiennes, je me suis exécuté, et je me suis servi du bouquin de Dantec pour préserver mon intimité…
Alors, c’est la police qui m’a ramené.
C’est quand même dingue Paris, c’est la merde. C’est à moi qu’on vole toutes les affaires sur la plage, et c’est moi qui finit en garde à vue… Heureusement que j’ai pu sortir ce matin, parce que je dois aller chez le médecin : j’ai le corps qui me gratte de partout partout partout.
Si ça se trouve, le sandwich de chez Paul, il était avarié. Encore fait, sans doute, avec des produits pas naturels.
Moi je dis : la plage à Paris, c'est naturel.
10:24 Publié dans Du neuf | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Y'a pas a dire, ca vaut vraiment le coup de les attendre vos posts...
Ecrit par : Woland | 22.07.2008
Idem que Woland. Qui c'est qui va prendre la grosse tête ?
Ecrit par : Pharamond | 22.07.2008
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