06.05.2009
Il est onze heures
Alors, c'est trop génial, parce que, grâce à mon travail de consultant que j'ai été payé pour 28 jours de missions à la Courneuve, le maire a repris mes préconisations et va déposer un recours contre la HALDE pour discrimination de sa ville parce qu'elle est traversée par l'A1 et que même, ça empêche les habitants de profiter du parc départemental que c'est trop beau parce que ce serait une trop belle banlieue si il y avait pas l'A1 !
La vache, c'est trop bon, parce que du coup, comme mes préconisations seront préconisées, ben, mon association entreprenariale pour laquelle je travaille, elle va avoir une prime prélevée directement sur le budget formation des agents de la ville.
Alors, Monsieur Ben Hakiri, il a jamais été aussi content de moi.
Je suis trop bon ! Imaginez que la Courneuve puisse avoir des compensations, ce serait un signe fort pour la diversité et la lutte contre les discriminations.
Moi je dis : je suis trop fort.
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22.05.2008
Voyages voyages
Aujourd’hui, je vais vous parler d’un truc super fun qu’il y a à Paris.
Ce qu’il y a de super fun à Paris, c’est les trains qui permettent d’aller partout dans Paris, et dans toute la banlieue, même dans la banlieue rouge et tout.
Alors, y’a trois sortes de trains à Paris :
- Le « mais trop » : c’est un train qui roule partout dans Paris, et qui s’appelle comme ça parce qu’on n’est jamais assez nombreux, mais trop.
- Le « erre erre » : c’est un train qui va en banlieue, et qui s’appelle « erre erre », parce qu’on se perd toujours dans les couloirs pour aller sur le quai du train.
- Le train de banlieue : c’est un super erre erre mais on se paume pas dans les couloirs, en fait, c’est quand on arrive au terminus qu’on est paumé.
Alors, j’ai pris le mais trop. Et c’est vrai qu’on est toujours trop dedans. On peut même pas regarder par la vitre pour voir le paysage de Paris et tout. Une fois, j’ai essayé, mais y’avait un gros devant la baie. Alors, je lui ai demandé si il pouvait se pousser, parce que je voulais voir le paysage dehors, et prendre une photo avec mon nouveau téléphone portable. Il était pas content. Il a pas voulu se pousser. Ca m’a pas fait plaisir. D’autant que si il voulait être sur la photo, ben, il suffisait de demander, hein, c’était pas la peine de faire la tête.
Alors, ce qu’il y a de bien dans le mais trop, c’est qu’il y a toujours quelqu’un qui vient pour présenter de la culture et tout. Un coup, y’en avait un, il était trop fort. Il chantait « guantanamera » en roumain ! Faut le faire, hein ! En plus, la musique elle sortait d'une petite charette comme elle avait ma grand mère pour faire ses courses à Unico. Mais là, vous le croirez pas, ben, la charette, elle jouait de la musique. Y'a qu'à Paris qu'on voit ça. Il a du voir qu’il m’impressionnait, parce qu’à la fin, il est venu pour me serrer la main. Moi, j’étais super fier, vous pensez, alors comment que je la lui ai serrée sa main !!! Pensez, serrer la main d’un vrai artiste parisien et tout. Curieusement, il a pas eu l’air de trop bien le prendre. C’est comme ça les artistes, ça a le caractère un peu changeant. Un moment ils veulent te serrer la main, le moment d’après, ils te menacent de te « cassech la figourach ». Ca m’a fait drôle en tout cas. Même que je me suis pas lavé la main depuis pour garder le bien précieux de cet échange extraordinaire. Tiens, j’y pense, si un de mes lecteurs a une solution contre l’herpès galopant, qu’il me fasse signe, ça gratte un max ce truc.
Alors, après, j’ai changé de mais trop, et j’ai pris la ligne 12 (parce que les mais trop, ils ont des numéros, mais quel que soit le numéro, on y est toujours trop). Y’avait un type marrant assis sur un starpontain strarappontin siège qui arrêtait pas d’écrire, et écrire, et écrire. Je suis allé m’asseoir à côté de lui, il m’a expliqué qu’il préparait une thèse de sociologie sur la population parisienne, et qu’il passait ses journées dans le mais trop n°12 parce qu’il en était à sa douzième année d’étude. Ca m’a vachement impressionné. Pensez, moi, j’ai juste un BEP en graissage de téléski ; et même si je l’ai eu avec mention assez bien, ben, ça en impose un type qui fait douze ans d’études. Je lui ai demandé si ça coûtait pas trop cher de faire douze ans d’études, parce que les livres, c’est super cher, attends, la biographie de Luc Alphand que j’avais acheté chez Joupi, rue centrale à Briançon, ben, elle coûtait 14 €. Mais je comprends qu’il faille faire parfois des sacrifices pour devenir cultivé. Enfin, en tout cas, lui, il m’a dit qu’il avait toujours été « boursier ». J’ai compris qu’il devait écouter Jean Pierre Gaillard tous les jours et qu’il était super fort à la bourse, et que du coup, il gagnait plein d’argent grâce à la bourse et tout. Il m’a dit qu’en plus, que quand on joue à la bourse en allant à la fac, ben, ça permettait de faire plein de choses : aller au cinéma pour pas cher, prendre le mais trop sans payer, et même se faire faire une opération du genou après une chute en ski. Alors du coup, qu’il me dit en riant, « je vais le plus loin possible et je prends mon temps ». Il a bien raison. On doit toujours prendre son temps pour aller loin, parce que sinon, après, on risque d’avoir le mal des montagnes.
Et puis, il m’a parlé de l’avenir et de ce qu’il voulait faire dans la vie : surtout voyager qu’il m’a dit, et puis « aller à la rencontre des autres cultures ». Pour ça, je lui ai dit que je pouvais l’aider, parce que mon copain Sylvain, que j’ai rencontré à la sortie d’un lycée, ben, il distribue des prospectus sur la culture du grand capital. Mais il m’a dit qu’il connaissait déjà. Alors, j’ai été triste, parce que j’aurais bien aimé l’aider un peu. Après, il m’a dit que quand il rentrerait dans « ce pays de merde », y’a un copain qui pourrait l’aider pour avoir de l’argent, un yougoslave d’après ce que j’ai compris, un certain Rémi Assedic, et qu’en tout cas, il ne se faisait pas de souci pour ça.
Je l’ai quitté à la station d’après, parce que je devais repérer le erre erre qui passait pas là, pour venir depuis la banlieue rouge et tout. Donc le erre erre, c’est le deuxième train de Paris, alors que le train à Briançon, c’était le « taire », parce qu’y avait toujours un type avec un djembe dedans, et un gros qui lui criait de se taire.
Je vais devoir le prendre aujourd’hui, parce que mon copain Sylvain, il m’a invité à la manif qu’il y a à Paris ! J’espère que je serai pas en retard, et je vous en parle demain.
Moi, je dis : c’est super excitant d’aller à la manif en erre erre.
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