12.06.2008
Train de nuit
Moi je dis : lorsque je fais de la poésie, c'est tout mon amour que je donne aux parisiens.
A Briançon quand vient l'été
Les Parisiens viennent marcher
Salir, pourrir et dégrader
Nos beaux sentiers de randonnée.
A Paris quand viennent les beaux jours
Les bouseux courent aux alentours
Et se parent de beaux atours
En espérant trouver l’amour.
A Paris quand arrive la pluie
Les bouseux se pressent la nuit
Rentrer à leurs hôtels moisis
Et s’endormir cassés d’ennui.
A Briançon quand vient l’automne
Les parisiens arrivent par tonnes
Pour s’extasier devant la zone :
Devant les couleurs ils frissonnent.
A Briançon quand vient l’hiver
Les parisiens glissent par terre
Sur les pentes et dans le bon air
Vient les chercher l’hélicoptère.
A Paris quand arrive la neige
Les bouseux rient et se galèjent
De voir les habitants du siège
Glisser comme devant la Meije.
A Paris quand vient le redoux
Les bouseux sont comme tout fous
Ils tombent les manteaux et tout
Et visitent à devenir mous.
A Briançon quand vient printemps
Les parisiens cherchent le temps
De voir les fleurs et les enfants
S’épanouir dorénavant.
Parisiens ou encore bouseux
On se retrouve quand on veut
Pour partager mais juste un peu
Nos pays, nos vins liquoreux.
N’empêche, si vous pouviez rester,
Parisiens, dans votre buée,
On n’aurait plus un rond c’est vrai,
Mais on saurait bien s’amuser.
09:22 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Hommage (2)
08:55 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.06.2008
A peine plus dur
A peine plus difficile pour cette deuxième manche de notre grand jeu concours du walpin :
Quelles sont les deux vallées reliées par ce col ? 2 points sont en jeu, UN PAR VALLEE. Cliquez sur l'image pour l'agrandir
La bonne réponse était VALLEE DE L'UBAYE et VALLEE DE LA DURANCE. Woland marque 1 point pour avoir trouvé la moitié de la réponse. Camille, malgré toutes les interventions familiales appelées à sa rescousse, s'est entêtée à vouloir placer Guillestre dans le Queyras, quoi qu'en disent les Guillestrois eux mêmes. Camille récolte donc une pénalité bien méritée de 1 point. Par ailleurs, le point restant en jeu et non attribué sera attribué sous forme de bonus à la prochaine question. Le nouveau classement s'établit donc de la manière suivante :
1er Woland : 2 points
2èmes ex aequo : tous les autres
3ème Camille : - 1 point
Et je vous rappelle que vous pouvez consulter le règlement du grand jeu concours du walpin.
Pour fromage qui a besoin d'indice, un petite aide.
Moi je dis : c'est génial de conduire sur la neige sur une route de col pour faire de jolies photos pour son blog.
08:34 Publié dans LE jeu concours | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
10.06.2008
Concours du walpin
Bon, puisque certains se moquent, voici la première manche de mon super jeu concours pour que ce blog devienne réellement un lieu d'échange festif et tolérant.
Pour 1 point, et c'est CADEAU, qui peut me dire quelle est cette ville sous ce ciel magnifique, même que c'est la plus belle ville du monde après Marseille, et que c'est trop chouette et tout ?
BRIANCON étant la bonne réponse (fromage a été obligé de regarder sur google earth... honte à lui), WOLAND marque 1 point et devient le premier leader du super grand jeu concours. C'était cadeau.
Pour les retardataires et les congénitaux, le réglement du concours est ici.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir...
Moi je dis : elle est trop classe cette photo
15:06 Publié dans LE jeu concours | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
Avis de concours
Alors, j'ai eu une super idée (ça m'arrive de plus en plus depuis que je suis à Paris).
On va faire un super jeu tous ensemble, pour vivre un moment super sympa festif et solidaire. Alors, voilà le règlement que j'ai pensé pour mon super jeu de mon blog et tout :
Règlement du grand jeu concours du blog du walpin à Paris
Article 1
PRINCIPES GENERAUX
Un grand jeu concours est organisé par le maître de ce blog, autrement connu sous le nom de wilori, ou wilo pour qui le veut bien, et désigné ci-après sous le vocable du « walpin à Paris », ou plus simplement, le « walpin ». Le grand jeu concours du blog du walpin à Paris a pour principes :
· L’échange festif
· La citoyenneté
· La solidarité
· La non discrimination
· La tolérance
· Le pastis
Article 2
PARTICIPANTS
Sont autorisées à participer au grand jeu concours toutes les personnes ouvrant les pages de ce blog (super bien écrit soi dit en passant), y compris les habitants de Haute Savoie. Néanmoins, les résidents Isérois sont tenus de demander une autorisation préalable au walpin. La demande d’autorisation préalable se fait par mail à l’adresse suivante jemmerdelesgrenoblois@dept-05.fr. Réponse sera effectuée sous 418 jours francs en cas de demande.
Article 3
JEU
A intervalles réguliers, la photo d’un lieu sera mise en ligne sur un article de ce blog. Le principe du jeu concours sera, pour les participants, de reconnaître ce lieu en l’indiquant dans les commentaires de l’article.
Un nombre de points, unilatéralement fixé par le walpin, sera mis en jeu pour chaque photo et indiqué en en tête de l’article.
La personne ayant déposé sur l’article le premier commentaire comportant la bonne réponse sera déclaré vainqueur et se verra attribué, sauf décision unilatérale du walpin, la totalité des points mis en jeu. Toutefois, en cas de réponse(s) partielle(s), un partage de points, équitable ou non, pourra être décidé. L’horloge hautetfort fera foi pour les éventuels litiges concernant la mise en ligne des commentaires.
Dans tous les cas, la décision d’attribution des points appartient au walpin seul, et ne saurait être contestée à peine d’exclusion du grand jeu concours.
Article 4
CLASSEMENT
Un classement évolutif sera établi et tenu à jour par le walpin. Il sera consultable, mais non contestable.
Article 5
PSEUDONYMES
Les personnes participant à ce jeu sont priées d’utiliser le même pseudonyme pour chaque réponse, et de choisir des pseudonymes non infamants, sans aucun caractère raciste et/ou homophobe et respectant la dignité de l’être humain.
Le pseudo Al1 2lon est, quoi qu’il arrive, proscrit de ce concours.
Article 6
SA RACE MAUDITE
Suite à saisine de la HALDE, la seconde partie de l’article 5 est annulé. En revanche, les plus sincères félicitations sont adressées au walpin pour la première partie.
Article 7
VAINQUEUR
La première personne totalisant 50 points sera déclarée vainqueur du grand jeu concours du blog du walpin.
Article 8
LOTS
Le vainqueur se verra remettre un prix dont la teneur est gardée secrète et sera révélée au moment que le walpin jugera opportun.
Article 9
CAS D’EXCLUSION
Tout propos ouvertement stupide, attentatoire à la dignité humaine et/ou discriminatoire entraînera l’exclusion immédiate du joueur, le retrait de tous ses points et leur ré-attribution à un joueur victime de discrimination dans la vie de tous les jours.
Article 10
CAS PARTICULIER
En cas de ré-attribution de points, le caractère discriminatoire d’événement subis par un ou plusieurs joueurs sera évalué par le walpin, et reconnu à sa seule discrétion.
Article 11
CARACTERE DICTATORIAL DU JEU
Le walpin se réserve le droit d’exclure du jeu toute personne dont les propos remettraient en cause le bien fondé de ce règlement.
Moi je dis : on va super bien s'amuser à mon grand jeu concours que j'organise.
11:55 Publié dans Du neuf | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
09.06.2008
Hommage
Bon alors, c’est quoi cette histoire, d’abord y’a mon copain Sylvain qui est parti au grattezmoila ou dans un autre pays que je sais plus le nom, et maintenant voilà que ce grand benêt d’Artemus est introuvable et tout ! Je l’ai cherché partout partout, et j’arrive plus à mettre la main dessus.
J’ai même fait tous les bars de la capitale de la France et tout, et je l’ai pas trouvé dites donc : il a du quitter Paris, c’est sûr. C’est quand même drôle que mon copain qui est contre la culture du grand capital disparaisse au même moment que mon copain réac de la réacosphère… Oh ! Si ça se trouve, en fait, Artemus, c’était un qui était contre la culture du grand capital déguisé en réac, c'est que ça s'est déjà vu ce genre de chose ! . En y réfléchissant bien, je crois qu’on aurait du s’en douter : non seulement il ne se rasait que tous les 3 jours, mais en plus, il mettait sa chemise Ralph Lauren PAR DESSUS son pantalon Burberry, comme le font tous les membres de la section de la ligue que j’ai rencontrés. Et, maintenant que j'y repsense, sa veste Olly Gan en cuir est juste élimée ce qu’il faut sur les épaules.
C’est dur à Paris hein, si les gens qui sont contre la culture du grand capital se déguisent en réac ! Comment ils vont faire les gars de la section de la ligue lorsque le « grand soir » va arriver et qu’ils seront tous dans la rue à séparer le bon grain de l’ivraie… Franchement, vous en pensez quoi vous ? Moi, je trouve qu’Artemus, si il était contre la culture du grand capital, il avait qu’à le dire franchement. Pourquoi est ce que les gens à Paris, ils ont peur de dire qui ils sont d’abord, hein ? Si ça se trouve, c’est parce que dans cette ville étouffante, les retentissements sourds de l’individualisme forcené effacent les différences, qui sont des richesses, et les préjugés trop lourds empêchent les hommes de s’épanouir, et de vivre au grand jour leurs convictions les plus profondes… - C’est bon ça, il faut que j’envoie le dernier paragraphe à un grand journal de Paris comme Libération ou quoi pour qu’il le publie, je sens que la vie parisienne me fait du bien, je me sens presque un intellectuel. Alors qu’à Briançon, l’air pur, ça fait du bien aux poumons mais ça ramollit le cerveau -.
C'était plus facile à Briançon : là bas, les gens de la section de la ligue, si ils croisaient un réac, ils faisaient semblant de lui taper dans les jambes avec des barres de fer. Et puis, c'est tellement grand Briançon, qu'on croise jamais un réac, alors à Paris, vous pensez...
Enfin, bref, Artemus est parti.
Heureusement, on a trouvé le même en fille.
Dites donc, c’est bizarre Paris quand même : un jour tu as plein d’amis, le lendemain, tu en as plus aucun.
Moi je dis : les amis à Paris, c’est pas des vrais amis.
13:18 Publié dans La différence est une richesse | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
05.06.2008
Il fait chaud
Moi je dis : si j'avais un peu de temps, j'écrirais une note pour mes amis de Briançon et mes nouveaux amis de Paris.
14:48 Publié dans Plein les mirettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.05.2008
Le cinquième élément
Alors, je suis désolé parce que ça fait deux jours que j'ai rien écrit et tout, mais il m'est arrivé une drôle d'histoire : j’ai été atteint d’une maladie foudroyante.
Figurez vous que dimanche soir, après être parti du café où on est allé préparer la fin du système UMPS avec les réacs de la réacosphère, je suis allé voir mon copain Sylvain qui distribue de la culture qui explique les méfaits du grand capital à la sortie des lycées, parce qu’il devait me présenter à ses amis de la « section de la ligue ». Alors, moi, je croyais qu’on allait faire un match de foot et tout vous voyez, alors, dans le métro, je me suis changé : j’ai enlevé mon jean marron trop classe et dessous, j’avais mis un short pour que ça aille plus vite, et pour que j’ai pas besoin de me retrouver en caleçon dans la rame. C’est que la dernière fois, ça avait fait du bruit, hein, même que je m’étais retrouvé en garde à vue et tout. Alors, pour éviter ça, j’avais mis le short directement sous le pantalon, et hop ! C’est quand même dingue, par parenthèse, qu’on ne puisse pas se changer dans le métro à Paris. A Briançon, quand on montait dans le bus du gentil monsieur à moustaches du TUB, on pouvait bien enlever son pantalon, il disait rien, et même que tout le monde rigolait bien avec moi quand je le faisais.
Bref, alors, d’abord, je suis arrivé en retard, parce que, comme je me changeais, ben, ma station de métro, elle est passée, et j’ai du aller jusqu’au terminus avant de revenir. En plus, figurez vous que les réunions de la section de la ligue, ben, elles sont pas là où c’est prévu en fait. Que je vous explique : comme les gens de la section de la ligue, ils sont « espionnés par les suppôts du grand capital » parce qu’ils sont très « dangereux pour le régime » vu que leurs idées sont subversives et majoritaires dans le pays, ils sont obligés de se donner rendez vous chacun à un endroit différent, et ensuite, ils reçoivent un texto sur leur téléphone portable où on leur dit de se rendre dans un endroit public, puis là, il faut qu’ils regardent la quatrième fenêtre du deuxième immeuble : si il y a un chiffon blanc accroché, ils doivent partir en courant parce que ça veut dire qu’il y a sûrement des agents de la milice planqués pas loin, et si il n’y a rien, il faut qu’ils aillent à la prochaine cabine téléphonique : si un bout se chatertonne schattertton scotch marron est accroché dessus, ben, ça veut dire que les gars de la milice, en fait, ils sont là et qu’il faut se carapater fissa ! Sinon, ils doivent appeler un numéro de téléphone portable à carte prépayée où une voix nasillarde (c’est rigolo, on dirait qu’on parle à Donald Duck) leur dit d’aller au 254, avenue de la victoire. Même que c’est un secret et tout.
En tout cas, moi, je trouve que les gens de la section de la ligue, ils prennent vachement de précautions pour pas que la milice les trouve. Mais j’avoue que je trouve ça un peu excessif cette histoire de milice qui aime pas les gens qui jouent au foot… En tout cas, j’ai compris pourquoi le PSG, ils sont nuls à chier : c’est parce qu’ils sont poursuivis par la milice.
Toujours est il que finalement, en passant à l’angle de l’avenue de la victoire, je croise un type un peu bizarre avec un grand imper, un feutre et une grosse moustache. Ca m’a fait drôle, parce que ça m’a rappelé mes jeunes années au lycée d’altitude à Briançon, quand le père Lucien il attendait tous les soirs habillé comme ça à la sortie. Au moment de sonner au 254, avenue de la victoire, voilà pas que le drôle de Monsieur me hèle en me faisant « psst, psst, wilo, wilo ». Je me suis demandé comment qu’il connaissait mon nom celui là : ça pouvait pas être le père Lucien : le père Lucien, il est en maison de repos depuis 10 ans ! Même que c’est dans un joli village de région parisienne au nom charmant : Fleury Mérogis que ça s’appelle. Bref, c’était pas le père Lucien, c’était Sylvain ! Alors, je lui ai demandé pourquoi il était habillé comme ça, et il m’a demandé de parler plus bas, et de l’appeler « romarin », que c’était comme ça qu’on l’appelait à la section de la ligue. Et que de toute façon, avec les gens de la ligue, moi, je serai « plouc » et que c’est comme ça qu’on m’appellerait, et qu’il fallait y aller vite, parce que la vieille avec son chien en face, elle lui rappelait un des chefs de la « milice gouvernementale aux ordres de Sarkofacho ». Alors, on est allé taper à la porte, et on a vu une paire d’yeux apparaître derrière un trou : la paire d’yeux, elle a dit « rouge », Sylvain, il a répondu « Jdanov », et la porte s’est ouverte.
Alors, on est monté au troisième étage du 254, avenue de la victoire, et c’était marrant, parce qu’il n’y avait pas de fenêtre, alors, du coup, on était complètement dans le noir. J’ai demandé pourquoi. Sylvain, il m’a répondu que c’était parce que les immeubles alentour avaient des yeux et que les murs avaient des oreilles. Pensez si j’ai eu peur d’un coup ! Heureusement qu’on était dans le noir, parce qu’un immeuble avec des yeux… BEURK !
Alors, on était douze, Sylvain (« romarin »), moi (« plouc ») et puis dix autres types avec des noms bizarres que c’était leurs pseudonymes. Y’en avait un qui s’appelait Octobre, il jouait avec une ronéo. C’est chouette, j’aime bien l’odeur de l’alcool, ça m’a rappelé quand j’étais à la communale et que l’institutrice nous donnait les récitations qu’on devait apprendre pour le lendemain. Là, c’était presque pareil, Octobre, il m’a dit qu’il mettait au propre les dernières moutures des mots d’ordre. J’étais super impressionné parce que sa ronéo, il la faisait marcher comme un chef. Il m’a tendu une des feuilles qui était même pas sèche. Dessus, y’avait écrit :
« Police partout, justice nulle part. Honte à l’état sarkozyste fasciste qui veut précariser les jeunes et les retraités en cassant les acquis sociaux enlevés des mains du grand patronat par des millénaires de lutte. Naboléon et sa clique de sbires à la solde du grand capital trouveront sur leur chemin notre détermination à renverser un régime sioniste ultra libéral rampant et anti travailleurs. Toutes nos forces seront toujours tournées vers l’accomplissement de l’idéal communiste et de la société sans classe. Halte au fascisme, halte à la précarité, halte aux super profits des méga entreprises, et vive la révolution.
Hasta siempre commandante ».
C’est bien écrit, hein ? Moi, j’ai trouvé ça extra, mais j’ai pas tout compris. Mais comme j’avais pas tout compris non plus avec mes amis réacs, je me suis dit que je devais faire comme si, que à Paris, les gens ils sont intelligents, et que ça fait pas longtemps que je suis arrivé, et que ça mettrait un peu de temps avant que je devienne intelligent.
Y'a un certain Max qui est venu me parler du mot d'ordre, il m'a dit qu'il trouvait dommage que dessus, il soit pas marqué qu'on veut une société sans propriété. Et que même que tout ce qui est à moi est à lui vous voyez. Alors, comme j'avais vachement envie d'une cigarette, j'en ai pris une pendant qu'il me parlait dans un paquet qui trainait sur une table. Même que Max, il continuait en m'expliquant que je ne devait rien avoir à moi parce que ça m'empêchait de vouloir atteindre pleinement l'objectif de la section de la ligue que c'est qu'on est tous égaux et que rien ne m'appartient, et que l'argent roi doit être tué.
Et là, y'a Boeuf, celui qui avait amené le paquet de cigarettes, en se rendant compte que j'en avais pris une, il s'est mis à hurler que ce plouc de merde, il aurait pu demander avant de se servir, et que ça coûte super cher les clopes et tout. J'étais un peu gêné qu'il s'énerve, masi j'y étais pour rien moi, c'est pas moi qui ai décidé que dans les sections de la ligue, ses cigarettes elles étaient à moi.
Alors, y’a Muguet, un autre type qui était là, il a mis tout le monde d'accord en disant que c’était l’heure de nous présenter le résultat de son travail, et que même c’était pour ça qu’il avait convoqué cette réunion de la section de la ligue. Alors, il nous a demandé de nous asseoir par terre, et il est passé dans la pièce d’à côté. Il est revenu avec un énorme cadre, que dessus, y’avait le portrait d’un monsieur qui avait l’air tout gentil et qui faisait un beau sourire. Tout le monde s’est extasié, et Sylvain, il a dit que c’était le plus beau portrait d’Olivier qu’on avait à présent. Il m’a expliqué qu’Olivier, c’était le chef de toutes les sections de la ligue, même qu’il adore jouer au foot, et que, lorsque la révolution aurait lieu, on devrait tous aller dans la rue pour brandir des portraits de lui, comme ça, ça voudra dire qu’on l’aime beaucoup, et que la révolution, ben, c’est le peuple entier qui la veut. Et que, du coup, chaque membre de chaque section de la ligue, il devait fabriquer un portrait d’Olivier en prévision du grand soir. Et que si je voulais faire partie de la section de la ligue, je devais m’engager à en fabriquer un et accessoirement à donner chaque mois 30% de mon salaire. Et qu’Olivier, on devait le protéger et le vénérer parce qu’il est notre guide suprême.
Alors, j’étais vachement embêté, parce que depuis que j’ai rencontré mes amis réacs, j’ai déjà un guide suprême, que même il s’appelle Augusto et tout.
Alors, j’ai dit à mes nouveaux amis de la section de la ligue que je pouvais pas vénérer Olivier, parce que je vénérais déjà Augusto.
C’est là que que ça m’est arrivé, ma maladie foudroyante : j’ai senti que ma tête me faisait mal, et que je tombais sûrement malade soudainement et que je m’endormais.
Vous me croirez pas : je me suis réveillé ce matin, j’étais en caleçon, avec les mains attachées, dans un caniveau d’une petite rue du 20ème. Après que les policiers m’ont libéré et interrogé, j’ai appelé Sylvain pour lui dire ce qu’il m’était arrivé : figurez vous que sur son répondeur, y’avait un nouveau message « je suis absent pour toujours : mon entreprise m’a muté au Yémen, et je ne reviendrai jamais ». Je suis allé à l’avenue de la victoire, ben figurez vous que l’immeuble au 254, il était en train de brûler et que les pompiers étaient encore là. Alors, j’ai été très triste, parce que mon ami Sylvain, je l’aimais bien et que ça me fait de la peine de le perdre.
Moi, je dis : rien ne dure toujours. Sauf ce qui traîne derrière le frigo.
09:44 Publié dans Du neuf | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
26.05.2008
Mystère et boule de réac
Ce week end, il m'est arrivé un truc sensas : voila que vendredi, je reçois un mail d'un certain Monsieur plus qui me dit qu’il passe régulièrement sur mon blog qu'il qualifie d'ailleurs de "super extra génial qu'on dirait que c'est écrit par un grand écrivain style Marc Lévy et même que je suis trop jaloux parce que moi je sais pas écrire aussi bien".
Alors, Monsieur plus, il a un blog aussi, et comme il trouve mon blog trop super cool, il m’a demandé si je voulais venir rencontrer plein d’autres personnes qui écrivent des blogs et qui sont à Paris. Et même que c’est les rédacteurs des « blogs réacs » et qu’ils aimaient bien qu’on les appelle la « réacosphère », parce qu’ils sont amateurs de boules, et que même on parlait d’eux boulevard de la Libération et tout. C’est pas trop top ? Moi qui pensait que c’était la Poste qui rapprochait les gens. En fait, ce qui rapproche les gens, c’est les blogs ! D’ailleurs, je me demande comment faisaient les gens avant pour se parler. Ca devait être dur de vivre sans Internet et les blogs. Mais bon, tout le monde sait bien que le Moyen Âge fut un temps très dur avec son cortège d’anti progrès et d’obscurantisme primaire. Vous imaginez, comment ils faisaient pour se faire des amis, et voir des filles au Moyen Âge ? Ils pouvaient même pas s’envoyer un texto genre « rdv se midi a la joute o gradin 8 ranG 4. Cava et tro dla bal poupé. Chui sur ke godfroi va xplozé sa race a enguéran ». Parce que même les textos, ça a été inventé APRES le Moyen Âge ! Comme quoi, ce qui fait la différence entre l’obscurantisme et le progrès, c’est les blogs et les textos.
Enfin, toujours est il que ce gentil Monsieur plus me donne rendez vous par mail dimanche soir dans un quartier populaire de la capitale. Alors, moi, pensez, deux invitations dans la même semaine, j’étais trop content. Faudra que je raconte ça aux copains de Briançon qui font toujours toutes leurs activités entre eux (manger, boire, se marier…) : à Paris, c’est super facile de se faire inviter par des inconnus. Monsieur plus, il m’a expliqué qu’on serait nombreux hein, et que les gens qui seraient là, comme c’était des réacs, ils seraient assez BCBG. Ca tombe bien, moi aussi, j’ai fait faire mes vaccins avant d’arriver à Paris.
Le problème, c’est que ma tenue d’invitation, elle est au sale parce que je l’avais mise jeudi, et que pendant la manif, y’a un type sympa mais un peu maladroit qui a renversé le ketchup de son sandwich merguez frites sur ma veste sport en VRAI daim. Alors j’ai du composer. Heureusement, mon jean marron trop classe, il était pas trop sale, et il sentait à peine. Alors, zou, voilà que je l’ai enfilé avec une super jolie chemise rose et un pull nonchelemment nonchalamand bien enroulé autour des épaules pour que les BCBG ils me reconnaissent. Pour les chaussures, j’ai laissé tomber les mocassins blancs, trop voyants, pour une paire plus discrète de converse jaunes, vu que j’allais dans un quartier populaire de la capitale, pour me fondre dans la masse. D’ailleurs Sylvain me répète toujours : « wilo, tu es complètement à la masse », preuve que ça marche.
Bon, alors, évidemment, Monsieur plus, je l’avais jamais vu, alors quand je suis arrivé dans le quartier populaire où on avait rendez vous, ben, j’ai struté crustré scutré regardé la place et j’ai repéré un petit groupe de types qui avaient l’air très BCBG sauf un. Alors, comme je suis super malin, j’ai sorti mon nouveau téléphone portable, et j’ai appelé le numéro que Monsieur plus il m’avait laissé. Et là, voilà pas que je vois un des BCBG du groupe sortir un téléphone de sa poche ! Alors, je suis allé les saluer tous et lorsque je suis arrivé devant Monsieur plus, je l’ai fixé intancémant heintansémens intansément très fort parce que je voulais me voir dedans ; et puis, je me suis rappelé que c’était pas Monsieur plus qui était si propre qu’on pouvait se voir dedans ! C’était l’autre, le chauve avec la boucle d’oreille à la Bertrand Cantat ! J’étais vachement déçu. Mais du coup, Monsieur plus, il a du croire qu’il avait quelque chose sur le nez ou quoi, parce qu’il a dit « oula, c’est vraiment un plouc quoi… ». C’est pas génial ! D’abord mes amis qui sont contre la culture du grand capital, et ensuite mes nouveaux amis réacs qui reconnaissent que je suis un plouc et pas un bouzeux ! Comme ils vont être jaloux à Briançon quand je vais leur dire ça. Et puis on est allé dans un bar super branché du quartier populaire de la capitale. On voyait bien que c’était un endroit réservé à une élite. Y’avait de vrais table en bois avec des fauteuils molettonés melotonnés bourrés pour pas se faire mal au poum, pas comme à l’Eden bar à Briançon où c’est tout en métal beurk. Alors moi, j’étais super fier de faire partie de l’élite.
Alors, que je vous explique ; donc d’abord y’avait Monsieur plus. Il est beau Monsieur plus, il a un collier de barbe noire assortie à ses cheveux, comme celle qu’il avait Monsieur Chossard, mon professeur d’histoire géo quand j’étais en BEP. Je crois que les profs d’histoire géo, c’est marqué dans leur contrat qu’ils doivent porter la barbe. Ou alors, c’est vendu en même temps que le diplôme, je sais pas. En tout cas, Monsieur Chossard, lui, il nous avait dit qu’il ne raserait pas la sienne tant qu’il n’aurait pas vu « l’avènement d’une société sans classe ». Alors, du coup, on avait tous séché ses cours pour lui faire plaisir, mais il avait quand même gardé sa barbe de prof d’histoire géo. J’espère qu’il a vu ce qu’il attendait depuis, ça doit finir par démanger à la longue. Même que Monsieur plus, il est venu avec sa femme et tout. Et même qu’il lui a fait des bisous et que je les ai vus ! Sa femme à Monsieur plus, elle s’appelle pas Madame plus, c’est bizarre. Elle s’appelle Poly, mais comme y’avait aussi un type qui s’appelait Poly, ben, j’ai décidé de les appeler polyfille et polygarçon pour pas me mélanger (j’aurais pu appeler la fille polymère, mais elle a pas encore de bébé, Monsieur plus il met pas la langue quand il l’embrasse ; et le garçon polygone, mais il ressemble pas à un chien tant que ça, pourtant, un jour, mon copain Sylvain il m’avait dit « les réacs, c’est tous des chiens »). Polygarçon, il avait l’air gentil et tout propre sur lui hein, mais quand je lui ai dit bonjour, il m’a répondu par un psaume en hébreu, alors, j’ai fais semblant de pas avoir compris parce qu’en fait j’avais rien compris.
Y’avait aussi Philémon, qui a commencé à parler de la liberté, et que même c’était sa chérie, et qu’elle était quand même pas mal gaulée cette Sabine Herold, et que c’était dommage que son mari soit si con, et que Léon Blum c’est le meilleur (c’est Blum qu’il a dit… ou Blois… arf, je suis bête, un type qui s’appelle Léon, il peut pas avoir un nom de ville ! c’est comme si il y avait Lucien Roquefort), et même qu’il aimait pas les « radsocs » parce que c’était des nuisibles qui faisaient des trucs pas nets avec des tapis et tout, même que cette connasse de journaliste de Libé, lui, vivant, jamais il ne parlerait, et même sous la torture ! Et puis, d’abord, que l’économie c’était libéral sauf quand ça marchait pas et que lorsque le Maréchal saurait ça, ben, il allait illico envahir Malte pour que tout le monde soit chrétien.
Comme j’ai pas tout compris, j’ai préféré me retourner vers penta, que c’est un autre garçon qui était là, qui avait une coiffure super géniale à la Joachim Noah que même je m’attendais à ce qu’il me propose un karaoke. Lui aussi il avait lu toute l’œuvre de Léon Blum, mais il préférait la plaque qui était toujours dans le même bar en train de se biturer. Et comme pendant ce temps là, Polygarçon chantait à tue tête et en latin des incantations kabbalistiques, j’ai compris que les réacs, ils sont trop intelligents pour moi, et qu’il valait peut être mieux que je retourne voir mon copain Sylvain, parce que lui, il m’a invité chez les gars de « la section de la ligue », sans doute pour faire un match de foot, et apparemment, je serai à peu près au niveau, même si ils lisent beaucoup des livres de Max.
Heureusement, y’avait Artemus. Lui, il m’a redonné le goût de m’intéresser aux réacs, même si je comprends pas tout ce qu’ils disent. Comme il a vu que je me sentais un peu mal à l’aise, il m’a envoyé une grosse tape dans le dos, et il m’a fait « alors, le plouc, on se sent paumé hein ! c’était plus simple à Briançon, chez les consanguins ». Alors, j’ai trouvé vachement fortiche qu’il sache que mes parents étaient cousins germains, et j’ai trouvé sa façon de s’exprimer très douce et pleine de poésie. Alors, j’ai compris que grâce à lui, je pourrai comprendre les réacs quand ils parlent.
Du coup, je suis resté, et j’ai participé à une discussion enflammée, où il était question de savoir lequel de Jacques Garello ou de Patrice de Plunkett était le plus gros et le plus vieux, et que même que si on résolvait cette question, nos idées seraient au pouvoir d’ici moins de mille ans et tout. Philémon, il soutenait que Garello, il faisait 8 mètres au garrot, et que c’était une sacrée performance. Et penta, il a dit que Plunkett, il avait une belle voix qui lui donnait des frissons et tout quand il l’écoutait sur radio courtoisie. Monsieur plus, il a commencé à s’énerver, parce que lui, il préfère le muret, je crois qu’il est maçon, ou qu’il est dans la construction, ça doit être pour ça. Et comme ils arrêtaient pas de s’engueuler, Polygarçon, il s’est mis à réciter le cantique des cantiques en grec ancien pour les faire arrêter. Mais rien n’y faisait. Alors Artemus, je croyais qu’il était endormi, mais il a ouvert un œil torve, et il a beuglé « tavernier, le même bordel ! j’vais quand même pas aller pisser l’premier avant d’engloutir l’second ! ».
Ca a un peu détendu l’atmosphère de la réacosphère. Et de toute façon, Polygarçon psalmodiait l’évangile selon Saint Luc qu’il connaît par cœur en araméen, et ça prouvait qu’il était temps de rentrer. Même que le débat n’étais pas clos et qu’on en reparlerait avant l’effondrement de la social démocratie et du système UMPS.
Comme c’était ma première sortie avec les réacs, j’ai décidé d’offrir ma tournée et payer les consommations. Alors, le tavernier, il me dit : « 27 pression, 15 rhum, 12 vodka orange, 18 whisky, 9 kirs et un coca light, ça vous fera 458€ monsieur ». Comme ça faisait quand même pas mal, je me suis retourné pour savoir si il y en avait pas un autre qui voulait partager. Ben, vous me croirez pas, ils étaient déjà tous partis ! C’est sûr, ils sont toujours super pressés, parce qu’ils ont plein de questions à régler et tout. Alors, j’ai laissé un accompte et le nom d’Artemus pour qu’il lui envoie le reste, ça lui fera plaisir, je suis sûr.
Et voilà ma soirée avec les réacs de la réacosphère. C’était vraiment bien. Demain, je dois aller voir mon copain Sylvain qui doit me présenter aux autres de la « section de la ligue », je leur parlerai de mes autres potes, peut être que ça leur ferait plaisir de se rencontrer tous. Après tout, les blogs, ça sert à ça, à rapprocher les gens pour qu’ils se sentent solidaires.
Moi je dis : j’ai hâte que mes amis de la section de la ligue ils rencontrent mes autres amis de la réacosphère.
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23.05.2008
Motivé-e-s
Alors, c'est trop chouette, hier, je suis allé à la manif et tout !
Alors, en fait, mon copain Sylvain qui distribue des prospectus sur la culture du grand capital à la sortie des lycées, ben, il m’avait invité à la manif qu’il y a eu à Paris. Alors, moi, vous pensez, j’étais super excité, parce que j’avais jamais été invité à une manif, j’avais jamais été invité nulle part d’ailleurs.
Alors, j’ai voulu prendre le erre erre où on se perd tout le temps pour aller à la manif, mais le erre erre, il marchait pas, hé ! Parce que les conducteurs du erre erre, ils allaient à la manif AUSSI. Je suis bête, j’aurais du y penser. Ceci dit, ils auraient pu en profiter. C’est idiot de conduire un erre erre et d’aller à la manif à pieds. Du coup, j’ai failli arriver en retard, à cause que j’ai du aller de la place de Clichy à Nation à pieds. Oulala, c’est grand Paris, hein, heureusement que c’est plat, pas comme à Briançon, parce que sinon, j’aurais jamais été à l’heure à mon rendez vous à Nation avec mon copain Sylvain.
Alors, Sylvain, il m’avait donné un prospectus pour que je sache comment ça se passe une manif et tout. C’était super, y’avait tout expliqué. Je l’ai lu dans la rue pendant que je marchais pour aller à Nation. Alors, j’ai appris qu’en fait, dans une manif, y’a plein de petits groupes et que les gens de chaque groupe ils restent ensemble, enfin, groupés quoi (Oh, je viens de comprendre !), parce que chaque groupe à un « mot d’ordre » différent, et des révandicassion reuvindikations demandes différentes. Déjà, ce qui m’a fait plaisir, c’est que le groupe de mon copain Sylvain, ben, y’a que des méridionaux, même que c’est écrit sur leur prospectus qu’ils viennent tous du sud et tout. Alors, j’étais content parce que ça fait longtemps que j’ai pas croisé quelqu’un de par chez moi. Du coup, j’étais content d’avoir fait un effort sur la façon dont je m’étais habillé. Attendez, c’était ma première manif, alors, j’avais fait un effort pour être classe : j’avais mis une chemise blanche par dessus mon tricot de corps, et une veste sport avec des franges en VRAI daim, un jean marron (ça fait trop classe) et des mocassins blancs avec les boules que j’ai achetés chez Bata, une marque super classe, même que je les ai payées 39,90 € ! Vous imaginez. C’est pas pour faire le fier, hein, c’est juste pour dire que j’étais vraiment classe et tout. La première fois que j’aurai rendez vous avec une fille, je m’habillerai pareil.
Enfin, une fois que je suis arrivé, ils m’ont regardé un peu bizarre. Pourtant, à Paris, ils doivent avoir l’habitude de voir des gens habillés classe. Y’en a un, un gros, il a dit qu’il fallait pas tarder parce que le cortège aller partir. Alors, il nous a entraîné vers un coin de la rue, et il nous a distribué des papiers où il y avait marqué des « slogans », et il a dit qu’on devait crier ce qu’il y avait écrit à intervalles réguliers. Ensuite, il nous a tous mis des autocollants partout sur nos vêtements pour montrer aux autres qu’on venait du sud. Mais moi, j’ai pas voulu, j’ai eu trop peur que ça abîme ma belle veste avec ses franges en VRAI daim. Du coup, le gros, Gérard qu’il s’appelait, il était pas content. Heureusement, mon copain Sylvain lui a dit que c’était pas grave l’important, c’était de faire nombre, même en rameutant les ploucs. J’étais vachement flatté. Sylvain, il a dit que j’étais un plouc. D’habitude, les parisiens, ils me traitent de bouzeux, alors pensez : je suis en train de m’intégrer !
Alors, Gérard, il a montré les autres groupes, il a levé le poing au ciel, et il a crié « Prêts pour la lutte ? ». Là, j’ai eu super peur, j’ai cru qu’il fallait aller se battre. Sylvain m’a rassuré, c’était pas contre les autres groupes qu’on allait se battre, mais contre « Naboléon Sarkonazi et sa horde de flics aux ordres des patrons et de la presse réactionnaire ». Alors, j’ai eu encore plus peur, hein, parce que si il faut se battre contre les autres groupes, ben, j’aurais toujours pu m’en prendre aux poussettes (y’a beaucoup de mômes dans les manifs, c'est sympa, très familial), mais les flics, ben, ils sont super entraînés hein. A Briançon, les flics, c’était des gendarmes, et même qu’ils étaient sacrément balèzes : ils allaient chercher en hélico les allemands et les parisiens qui pensaient que c’était facile de monter à la montagne des agneaux en tongues. Ici, c'est encore pire : les policiers, ils ont des casques et des boucliers qu’on se croirait dans NCIS, enquêtes spéciales, dans l'épisode ou Gibbs il se rappelle en rêve la guerre du golf où il s'est fait 18 trous et tout. Mais Sylvain, il m’a encore rassuré : on allait pas se battre contre les policiers, on allait juste marcher et crier très fort les slogans qu’on nous avait écrits sur les papiers. Alors, j’ai compris que lutter, à Paris, çà veut dire marcher en criant très fort, et même que crier c’est en option. Et j'ai trouvé ça génial, parce que je me suis rendu compte que lorsque je partais en rando à Briançon, je luttais déjà sans le savoir ! Il va falloir que j’écrive à mes potes dans les Hautes Alpes pour les prévenir qu’ils luttent aussi.
Alors après, la manif elle est parti. Donc, on a tous sorti des drapeaux, des écharpes et tout, et on a suivi les autres groupes. Oulalalalalalala, le monde qu’il y avait ! Gérard, il a dit qu’on était 700 000 ! Vous imaginez ça un peu. En plus, il est fortiche Gérard, parce que la manif, elle venait à peine de commencer, et Gérard, il avait eu le temps de remonter jusqu’en haut pour compter tout le monde. Mais c’est normal, Gérard, j’ai appris qu’il travaillait aux impôts, alors, il a l’habitude de calculer hein. Alors, j’ai commencé à crier des slogans qu’ils m’avaient donné mes nouveaux copains du sud. Je me suis mis à crier « vive la retraite à 50 ans », « Sarko, salaud, le peuple aura ta peau », « fion, fion, tu l’as dans l’os », « sarko, t’es pas mon président ». C’était marrant. A un moment, j’ai voulu mixer les slogans, et je me suis mis à crier « Vive le président Sarko, le peuple l’a dans l’os ». Tout le monde s’est retourné vers moi tellement ils ont trouvé que mon slogan il était trop beau. Mais Sylvain, il est venu vers moi, et il m’a dit « surtout n’improvise pas ». Dommage, moi, je l’aimais bien mon slogan. N’empêche qu’effectivement, on voit que dans une manif, rien n’est improvisé.
Ensuite, j’ai discuté avec un type qui s’appelle Robert. Ca m’a fait drôle, Robert, il est conducteur de erre erre. Alors je lui ai dit que j’admirais beaucoup son travail. Mais quand je lui ai demandé pourquoi il était venu à pieds aujourd’hui, alors qu’il aurait pu profiter de son erre erre, il m’a pris de haut et tout. Il m’a dit que si il était là, c’est parce qu’il voulait pouvoir avoir le droit de partir à la retraite à 50 ans et tout. Parce que conducteur de erre erre, c’est vachement dur vous voyez, alors, comme c’est un métier où on se fatigue beaucoup, on a le droit de partir avant les autres. Ben oui, c’est très dur ! Vous imaginez, les types qui conduisent le erre erre, ils vont dans les couloirs TOUS LES JOURS ! Du coup, comme ils sont tout le temps paumés, ben, ils arrêtent pas de marcher, et après ils sont super fatigués. C’est pour ça qu’il faut qu’ils prennent la retraite avant. J’ai une cousine qui est aide soignante de nuit à l’hôpital de Gap, je lui expliquerai la prochaine fois que je l’appelle. Parce qu’elle aussi, elle me dit des fois qu’elle aimerait partir plus tôt à la retraite. Je lui dirai pourquoi c’est pas possible que c’est parce que son métier, il est moins dur que conducteur de erre erre.
De toute façon, il m’a dit Robert, lui, ça fait longtemps qu’il conduit plus. Il est délégué syndical depuis 8 ans. Alors les conducteurs de erre erre, lorsqu’ils sont pas délégués syndicaux, ils sont dans les trains, et lorsqu’ils le deviennent, ils « regardent passer le train des réformes », c’est comme ça qu’on dit je crois.
Alors, au bout d’un moment, j’en ai eu un peu marre de lutter, surtout que j’avais vachement mal à la gorge à force de crier des slogans, alors, j’ai quitté la manif et j’ai pris une petite rue annexe pour trouver une brasserie pour boire une Vichy. Et là, oula, les embouteillages que j’ai vus ! Incroyable ! On m’avait dit qu’à Paris, y’avait des bouchons, mais alors là, je voulais pas le croire. Y’a une petite dame qui avait son bébé à l’arrière, elle avait l’air d’en avoir marre, super grave. Alors, ma bouteille d’eau de Vichy que j’avais acheté, ben, je suis allé la lui donner à travers sa vitre ouverte. Elle a eu l’air étonnée, mais elle a souri et a accepté de bon cœur.
Alors ça m’a fait plaisir parce que j’aime bien rendre service aux gens. Et je me suis rendu compte que c’était vachement facile de rendre service aux gens à Paris : ils sont tous tristes !
Moi je dis : Heureusement qu’il y a des gens comme Sylvain, Gérard et Robert qui luttent pour que les parisiens soient moins tristes.
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